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Je vais vous parler de crise, de contestation, de désobéissance, du parti, de culture… La crise est dans toutes les bouches, dans tous les médias, et touche l’ensemble des français. Quelques chiffres : + 80000 chômeurs encore en mars, soit 3000 chômeurs de + par jour depuis le début de l’année. Les prévisions de la commission européenne estiment à 11.5% de taux de chômage à venir d’ici la fin de l’année - 3% de croissance en 2009 : des prévisions une nouvelle fois à la baisse par rapport aux propos de Christine Lagarde championne de la méthode Coué qui fait toujours l’autruche L’UE parle de « pire récession depuis 1945 », encore plus forte et plus longue qu’aux Etats Unis d’où elle est partie pourtant, craint « des conséquences sociales sévères », une crise sociale grave, et 8,5 millions de pertes d'emploi dans l'Union européenne en 2009-2010. Un dernier chiffre, la hausse du nombre de dossiers de surendettement déposés en mars dernier : + de 21000 soit 50% d’augmentation par rapport à un mois « normal » Et l’on a assisté, encore ce dernier mois, à une recrudescence de la contestation sociale : - jamais les personnels hospitaliers ne s’étaient autant mobilisés, tous statuts confondus, contre la réforme proposée par Roselyne Bachelot - rarement la crise universitaire ne s’était autant prolongée, des étudiants aux enseignants-chercheurs, des universités bloquées aux questions sur la tenue ou non des examens.. de toute façon Valérie Pécresse est déjà dans sa campagne pour les régionales - plus largement dans l’éducation, de la maternelle à l’université, enseignants, parents d’élèves, syndicats, refusent les réformes en cours et à venir imposées par Xavier Darcos (je dis imposées car pas la moindre concertation n’a jamais été mise en place), et d’ailleurs je vous invite à vous rendre sur le site sauvonslenseignementpublic.fr pour signer la pétition. - le secteur de la justice, des avocats aux gardiens de prisons, est en ébullition comme jamais… mais Rachida Dati préfère étaler fièrement son ignorance devant des jeunes ump déconfits - et j’en passe tellement la liste est longue… Je voudrais surtout vous alerter sur la radicalisation des formes que prend cette contestation : On a eu à l’ère Raffarin le « c’est pas la rue qui gouverne », puis la version Sarkozy disant « en France quand ya une manif on ne s’en rend plus compte ». On a eu 2 M de personnes dans la rue en janvier, 3 en mars, une unité syndicale sans précédent le 1er mai dernier avec plus d’un million de gens dans la rue malgré le long pont ensoleillé. Mais RIEN, ou presque, de ces actions ne fait reculer le gouvernement (ou plutôt son hyperprésident puisque c’est lui qui tient toutes les manettes). D’ailleurs, les syndicats ne savent plus trop comment continuer le mouvement : une autre manifestation ? une journée de grève, plusieurs journées de grève ? Monter d’un cran, mais comment ? Bon, ils ont décidé 2 nouvelles journées de grève, le 26 mai et le 13 juin. Mais pourquoi faire puisque cela ne semble servir à rien ? ? Alors l’on voit réapparaître des actions beaucoup plus radicales, violentes, qui montrent bien l’exaspération et les inquiétudes des gens : séquestration de patrons dans le privé, mouvements de désobéissance dans le public. Les sanctions de la part de l’Etat elles aussi sont de plus en plus violentes, jusqu’où va-t-on aller ? Je ne crois pas que comme le dit de Villepin nous sommes en situation pré-révolutionnaire », mais C’est tout de même extraordinaire qu’il faille des semaines entières de grèves générales, de blocage de l’île toute entière pour que l’on daigne accorder 200€ d’augmentation de salaires en Guadeloupe et Martinique. Je crois que le PS, comme les syndicats, sont dépassés par cette situation : outre le fait que le PS est inaudible y compris quand il fait des choses bien (le livre sur la régression des libertés publiques, ou le réquisitoire sur les réformes de l’éducation, le dimanche des libertés au Zénith…), il est débordé sur sa droite par le Modem de Bayrou qui sort un livre que certains comparent avec « Le coup d’Etat permanent » de Mitterrand), il est débordé sur sa gauche par le Parti de Gauche ou le NPA qui eux, comme à leur habitude, surfent sur les mouvements sociaux. Sauf que là, ils durent !! et ce sont vers eux que se tournent les salariés, les chômeurs, ceux qui croient que l’on peut changer l’ordre des choses et que la fatalité n’existe pas. Prenons la désobéissance dans l’éducation nationale (vous savez que ça me tient à cœur, puisque depuis fin novembre je participe de près à l’affaire Bastien Cazals) : les syndicats majoritaires ne les défendent pas, sous prétexte que ces profs ne respectent pas les lois de la république ; le PS, non plus (j’ai eu plusieurs fins de non recevoir, pas forcément dans le 34), car là non plus on ne soutient pas de formes illégales de contestation. Mais souvenez-vous qu’avant d’avoir le droit de grève celles-ci étaient illégales ! Qu’avant la légalisation de l’avortement, celui-ci était illégal ! la plupart des grandes conquêtes sociales viennent d’actes de désobéissance (et bien sur je ne parle pas non plus de Rosa Park, dont l’acte de désobéissance a ouvert la boite de Pandore qui a mené à l’égalité entre les noirs et les blancs aux Etats-Unis) Alors rassurez-vous, je ne suis pas devenu soudainement trotskiste : simplement, il me semble que lorsque l’on subit une politique ultra-libérale, qui ne peut se mener qu’avec une politique ultra-sécuritaire, le tout en période de crise économique mondiale, on ne peut pas rester entre nous à se regarder se faire piquer nos idées, nos militants, et notre rôle d’opposition. Le PS doit reconnaître que la désobéissance, que la rétention de certains patrons, peuvent être des outils de lutte sociale dans le climat actuel ! Et je finirais par ça : trouvez-vous normal que des artistes comme Maxime Le Forestier rompent avec le PS, se disent abandonnés par le PS parce que par opportunisme ils ont fait rejeté la loi HADOPI : non pas que je sois pour le pillage des œuvres culturelles sur Internet (moi aussi je télécharge illégalement), mais d’abord parce que contourner cette loi sera très facile, ensuite parce qu’elle permet à une autre instance que la Justice de sanctionner des gens, enfin et surtout, par le signe qu’elle donne au monde de la culture (et bien sûr la droite se réjouit de cette rupture entre le PS et les artistes). Cette loi est stupide et sera inefficace, certes, mais à quoi a servi tout ce spectacle encore une fois ? Vous aurez remarqué que je ne vous ai pas parlé de la campagne des européennes, tellement je ne trouve rien à en dire… le PS n’a pas réellement de programme, la droite n’a pas de candidats, Sarkozy nous ressort son discours sécuritaire, et finalement il n y’a que l’extrême gauche et les Verts, qui, à nouveau, grappillent sur ce qui ne sera bientôt plus notre électorat…
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